Afrique,je porte ton nom en mon cœur.

Je voue un amour profond,

Un amour , presque inavouable pour notre   mère,la terre.

Mais il est des endroits où l’on se sent si profondément heureux comme aligné,uni,

en paix ,

jusque  dans les parties les plus infimes de tout notre etre

Pour certains, cette paix peut se traduire par une mélodie, en parfaite harmonie avec les battement du cœur,

comme si son propre cœur composait  ,naturellement  une symphonie ultra dimensionnelle, avec le cœur de la terre…

Pour d’autres, ce pourrait etre une caresse sur la peau digne  du plus soyeux , plus vaporeux tissu qui puisse exister….

certaines personnes encore,

peuvent  traduire cela par par une vision claire et distincte d’un paysage lumineux ou pas ,où chaque chose est exactement là où elle doit etre .

En ce qui me concerne ce sentiment puissant, je le ressens sur le sol de notre  immense  et beau continent qu’est l’Afrique

Avez vous déjà ressenti une émotion de joie et d’amour sans réellement savoir expliquer logiquement sa provenance,

pour, au bout du compte , lacher prise sur le comment et le pourquoi , et finalement, et exactement ne profiter que du moment présent ,  rare et  précieux ?

.

En effet, je me suis retrouvée parfois,  dans des endroits arides pauvres et oubliés de tous ,

et pourtant mon cœur continuait à battre la chamade.

Et….. Ma pensée logique et analytique a beau essayer,

Elle ne  comprend pas ,ne saisit pas le fondement de ce sentiment tellement paradoxal, tellement en contraste avec ce que mes yeux voyaient …..

Apres  analyse, elle me disait:

– “ comment peux tu aimer ce décor si pauvre , si sale, il n’y a que torpeur et désolation !”

Mais ,rien n’y faisait ,mon cœur lui répondait:

-” je me sens confortable et à l’aise “

Aujourd’hui je prends conscience que mon cerveau analytique  était sous le coup du jugement  et de la comparaison!!

Je décide donc, pour etre en  parfaite adéquation avec ce fonctionnement , de mettre sur la balance chaque situation, et tenter ,derrière la façade de ce décor ,  de comprendre ce que mon ame , mon cœur , mon esprit  ressentent resonner ….

Nous  voici alors en réunion au sommet, appréciant et décryptant les raisons du cœur, que la raison même ignore .

je suis la , aujourd’hui avec vous pour vous transmettre  quelques anecdotes vécues sur ce fabuleux continent, synonyme pour moi,d’union, de force  vive, de terre mère presque nourricière.

Je suis née sur ce continent, pour arriver a l’Age de quatre ans en France, et j’avais quelques peu oublié mes racines, lorsqu’à l’Age de dix neuf ans, lâchant mes études d’ethnologie, nous primes la décision d’aller nous perdre (aux yeux de nos parents), dans cet insondable espace a la fois magique et effrayant a la fois;

Nous sommes parties trois amies par le biais d’une association , “le point Mulhouse”pour atterrir a Ouagadougou , capitale du Burkina Faso.

Cette association proposait des tarifs de  voyage tres peu chers et en contre partie,honorait son titre en tentant de cultiver des légumes et des fruits dans le pays

c’est ainsi qu’à l’époque nous pouvions voir des fraises ou des carottes sur les marchés  en plein cœur de cette terre si aride.

Je ne connaissais , à cette époque là, de ce continent, que le Maroc .

et lorsque je pose mon pied ce jour là à Ouagadougou, capitale dirigée par Mr Sankara ( et oui ca fait un bail !!)….,

cette sensation chaude , envoutante , rafraichissante m’inonda?

je me sens exalter, respirant et ressentant un amour infini pour cette terre sous mes pieds, et de fil en aiguille , je visitai le mali, le bénin et le Ghana sur plusieurs années consécutives.

Pour pallier à ma solitude pendant mes voyages, je trouvais beaucoup plus pratique et de passer incognito.

Je voyageais  toujours emmaillotée , un turban sur la tete,

  habillée en jeune homme , on m’appelait  “ petit”

C’est ainsi qu’une fois , je me retrouvais,dans un endroit assez isolé, sans taxi brousse pour continuer ma route tandis que la nuit commençait à tomber .

Un vieil homme s’approcha et me proposa naturellement,de venir me joindre  à sa famille pour la nuit.

Vous savez dans ces cas là , je me mets en mode vigilance , scrutant l’intonation ,le langage verbal de chaque personne rencontrée,

Cette analyse criblée au scanner de mon cerveau,et de mon cœur peut et doit nécessairement me rendre un rapport sans erreur dans les secondes qui suivent

Mon rapport , ce soir là   me transmit l’information que  cet homme était un simple etre humain   m’expliquant  que :

-“l’on ne demeure pas seul, qu”ici seul le fou reste seul” ,

et que le bon sens veut que l’on se réunisse

A cette phrase; “seul le fou reste seul”

J’aurais aimé repondre  de venir faire un tour en Europe où le plus souvent les gens se doivent de vivre seul , où l’enfant qui reste un peu trop longtemps chez ses parents devient la risée des autres.

Où la solitude  a pignon sur rue et que grâce à elle, nombre d’entreprises en tous genres se remplissent les poches;

paradoxe ultime de notre progrès

Mais revenons a nos moutons ,

je décide d’accepter l’hospitalité de ce brave homme et de le suivre,

Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque pour entrer dans le petit village ou il demeurait avec toutes sa famille, il me fallut passer une sorte de marche pied , traversant un immense arbre au tronc unique, majestueux, grandiose…..

(j ‘ai dessiné cet endroit)

Si vous  pouviez,comme moi ce jour là, sentir l’ombre salvatrice et protectrice offerte par cet arbre ;

vous auriez aussi senti l’arome et l’odeur de ce tronc gigantesque , un parfum suave et riche , et vous auriez étendu les rires des enfants l’intérieur de cette immense alcôve ,et vous auriez vu une oasis de paix et de bon sens organisée autour de moi…

Je ne pus m’empêcher de demander en traversant le marche pied:

“waw!mais quel âge a cet arbre?”

Et quel ne fut pas mon étonnement lorsque l’homme me répondit,avec un large sourire, qu’il ne savait pas, et qu’à sa naissance, il était déjà la , tel qu’il est….

Que ce Viel arbre ,surement plusieurs fois séculaire, était déjà la ainsi tel qu’il était à cet instant:

un monument digne de nos plus belles cathédrales prônant devant moi, et à dire vrai , je me sentais comme pénétrant dans une alcôve  protégée par Dieu,

merci infiniment ,la vie

Ce soir là , j’ai compris ce qu’est la parole de l’ancien:

Une mémoire vive près de vous , une immensité de graines plantées et germées pour nous délivrer des fruits suaves , doux ou amers parfois ;

Merci la vie

Et j’eu,malgré tout, une pensée pour nos ainés ,   finissant leur vie,le plus souvent, dans nos maisons de retraites….

A cet endroit précis les plus jeunes écoutent et respectent la voix de l’ancien,absorbant comme d’un livre ouvert toutes les richesses du passé,,encore présentes dans cet personne ici et maintenant ….

un puit de bon sens et de logique naturelle ,

et j’ai eu la chance inouïe de m’abreuver à ce puit

Notre imaginaire est une arme d’une telle puissance,nous poussant à croire que tout est possible….

Jusqu’à  parfois  m’autoriser à targuer  ces personnes  de naïveté ,

vous savez cette naïveté puérile et sincère que nous avions lorsque nous étions enfants…

Vous en souvenez vous?

Sans télé ,ni écran quelconque , nous écoutions les histoires et légendes d’entant ,

  J’ai eu le privilège d’écouter un griot nous raconter l’histoire de cet enfant fragile et boiteux qui brillait par son courage et son discernement et qui devint  un grand et valeureux roi du grand royaume du mali,

Royaume qui s’étendait bien au delà de ses frontières actuelles

J’ai entendu l’histoire du désert encore vert et boisé ….

Notre ami l’imaginaire est toujours là,

Est il possible qu’un imaginaire commun puisse exister quelque part?

Telle une source libre d’accès à chacun….

La parole de l’humain lorsqu’elle est libre et reliée au cœur est un trésor inestimable à mon sens

Je pensais avoir arrêté mes études et je me rends compte qu’à  chaque moment de ma vie ,je suis dans une école vivante , en cinq , six , dix, douze dimensions !

Avant de partir , le papa d’une amie tellement apeuré de voir partir sa fille dans ce périple ,et sachant que j’arrêtais mes études par dépit et manque d’argent me retint dans l’ascenseur et me proposa de m’offrir l’école  de mon choix, pour rester ;

Stratégiquement ,  si il savait que si je renonçais , sa fille resterait auprès de lui .

Pour argumenter ses dires , il m’expliqua qu’il vouait lui même une profonde admiration pour l’Inde , qu’il aurait aimé y aller,

mais que de son état de personne très à l’aise financièrement, il lui serait presque insoutenable de voir des gens vivre dans une telle misère

J’avoue qu’à cette période , avant notre départ, je ne sus  quoi  répondre.

Aujourd’hui  mes amis,

je sais,

Je sais  exactement ce qui m’enchante  littéralement:

Le pauvre se sait pauvre, et  pourtant

,il est le premier à vous inviter chez lui et à vous proposer de partager sincèrement ce qu’il a  avec vous ;

Alors dites moi . Pauvreté matérielle , ou pauvreté de cœur …pour laquelle optez vous?

Je sais aujourd’hui, grâce à mes voyages, que la véritable richesse est intérieure ,

qu’il s’agit d’une Energie magnifique qui nous permet de nous ouvrir à l’autre et de partager ce que l’on a;

Un pas de danse ,un sourire, un repas , une histoire , du temps à confectionner un plat ou une simple théière de the .

la richesse  est une ouverture d’esprit , un respect de l’autre , de l’aïeul, de la terre …..

presque naïveté.

En plus de cette étonnante connexion à la terre , ces voyages m’ont permis de comprendre qu’autour de cette richesse  interne ,  la mort est présente auprès de nous au quotidien ,et qu’elle nous donne à comprendre et à ressentir ce qu’est notre vie, un instant fugace et immense que l ‘on peut saisir à plein bras ,

j’ai saisi ce que valent les relations humaines , leurs forces et leurs puissances ,

j’ai pris conscience de la teneur du temps et de celui aussi du sacro saint argent ;

en découvrant justement  que ce que  nous appelons argent se définit simplement en simple papier,

et excusez moi du peu , qu’il existe des endroits où son utilité se résume plus rapidement à celle  papier de toilette, plutôt  qu’à monnaie d’échange

j’ai appris plus de choses en ces quelques mois, qu’en plusieurs années dans ma zone de confort

La nature humaine et celle de la nature sont intimement liées c’est indéniable.,

J’ai eu la chance de visiter des contrées sauvages où le vert de la nature me semblait etre un vert que je n’avais jamais vu nulle part ailleurs ,des paysages  magnifiques et grandioses .

Des endroits stratégiques et historiques, comme Elmina au Ghana,

où parfois au décours de fêtes un peu arrosées, la mémoires collective semble rejaillir des tréfonds de certains individus , au contact de l’étranger ;

moment de relâche ou de connexion….?

l’etre humain est un etre fantastique , ne prenant pas conscience de sa propre unicité et de sa propre grandeur il s’évertue à penser que la solution est à l’extérieur….

J’étais a mes dix neuf ans allée seule sur une plage de Cotonou au bénin, espérant pouvoir m’y baigner

A mon arrivée , je découvre une plage déserte , car les béninois ne vont pas  à la plage  comme pourrait le faire le Français

je me retrouve donc seule sur la plage , avec pour seuls compagnons quelques rares pécheurs tres éloignés

je vois un amoncellement de gros cailloux et rochers alignés , vers la mer et je me propose  de marcher sur cette rangée de rocher pour pouvoir finalement mettre mes pieds dans l’eau au bout de la jetée

Pourquoi n’ai je pas choisi la facilite en marchant simplement sur le sable jusqu’à l’eau devant moi ?

je me mets donc en action et commence à sautiller de rocher en rocher;

Tandis que mon pied droit avance , l’un des rocs , remue , et vient s’écrouler sur le pied gauche ,

celui ci se retrouve pris au piège écrasé…..

Telle  une souris prise au piège …

incapable de repousser l’énorme pierre , ressentant un vive douleur et une réelle peur …

Personne aux alentours , je commençait à m’insulter de tous les noms moi même , et à sentir un immense désarroi m’envahir….

Un  pécheur au loin ,avait compris ce désarroi, abandonna son matériel, et s’avança doucement ….

son corps était fort et trapu ,

J’étais littéralement à sa merci, tel un animal sauvage pris au piège….

Il s’approche , sans un mot analyse rapidement la situation , soulève le rocher de toute sa force pour tirer mon pied fracassé et ensanglanté doucement.

j’étais comme éteinte .

il me porta à califourchon sur son dos pour éviter je pense le contact de la plaie avec toute l’étendue de sable

Ensuite , il m’installe à l’arrière de sa motocyclette et roule

Nous arrivons devant un hôpital , il parle avec des hommes et on vient me chercher ….

Avant de partir , je fouille dans ma poche pour lui remettre quelques billets,

et oh surprise , il me  répond” non” de la main , remonte sur sa mobylette et repart comme disparaissant dans le décor duquel il  avait émergé .

Pendant tout ce temps , il n’a  prononce aucun  un mot ,

et pourtant j’ai senti que sa grande miséricorde et son envie de répondre simplement à une demande urgente

Tel un ange gardien , il est venu et est reparti sa mission accomplie….

Ce jour là , je me devais de rencontrer cet ange,

un  homme  qui œuvre naturellement dans le sens de son cœur et de la vie ….

Mon pied droit , à l’endroit de mon pouce plus précisément, porte encore en mémoire les séquelles de cet accident , comme pour mieux me rattacher à cet etre lumineux pour  qui j’émets  tous les jours un éternelle gratitude.

merci la vie.

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